Les Carnets de Turner

Chapitre XXVII


28 octobre 1993: Je viens juste de revenir d'un mois passé à Baltimore, ou du moins ce qu'il en reste. Moi et quatre autres camarades avons transporté un lot de compteurs Geiger, équipement de mesure de la radioactivité, jusqu'à Silver Spring où nous avons été rejoints par une Unité du Maryland. Nous avons ensuite progressé au nord, à proximité de Baltimore. Comme les routes principales étaient totalement impraticables, nous avons dû traverser à pied plus de la moitié du chemin, ne conduisant un camion que pour les 12 derniers miles.

Bien que deux semaines se soient écoulées depuis le bombardement, l'état des lieux autour de Baltimore est un indescriptible chaos. A notre arrivée, nous n'avons même pas tenté de nous rendre au coeur de la cité carbonisée. Même sur les pourtours et dans la campagne environnante, 10 miles à l'ouest du niveau central, la moitié des bâtiments a été brûlée. Même les routes secondaires à l'intérieur et autour des zones périphériques, étaient jonchées d'épaves brûlées de véhicules et tous les gens que nous avons rencontrés allaient à pied.

Des groupes de charognards étaient présents partout. Ils pillaient dans les ruines des magasins, sondaient dans les champs avec des bâtons. Ils portaient leur butin, ou des biens qui avaient été épargnés -- principalement de la nourriture mais aussi des vêtements, du matériel de construction et tout un tas de choses inimaginables -- en allant et venant comme une colonie de fourmis.

Et les corps! Il y avait une autre bonne raison pour rester loin des routes le plus possible. Même dans les zones où relativement peu de personnes furent tuées par l'explosion initiale ou par les conséquences des radiations, les routes étaient jonchées de corps, par milliers. C'était presque tous des réfugiés de la zone touchée.

Près de la cité, on pouvait voir les cadavres de ceux qui avaient été gravement brûlés par la boule de feu. La plupart d'entre eux n'avait pas été capable de marcher plus d'un mile avant de s'effondrer. Plus loin, à l'extérieur de la ville, il y avait ceux qui avaient été moins sérieusement brûlés. Enfin, très loin dans la campagne, il y avait les restes de ceux qui avaient succombé aux radiations des jours et des semaines plus tard. Tous avaient été laissés là, pourrissant là où ils étaient tombés, à l'exception de quelques zones où les militaires avaient restauré un semblant d'ordre

Nous avions à ce moment-là seulement environ 40 membres de l'Organisation parmi les survivants, dans la zone de Baltimore. Ils avaient été engagés dans une mission de sabotage, de guérilla contre la police et les militaires, durant la première semaine après l'explosion. Puis, progressivement ils ont découvert que les règles du jeu avaient changé.

Ils ont découvert qu'il n'était plus nécessaire d'opérer aussi furtivement qu'ils ne l'avaient fait avant. Les troupes du Système ripostaient lorsqu'elles étaient attaquées, mais elles ne les poursuivaient pas. A l'extérieur de certaines zones, la police ne fouillait plus systématiquement les personnes et les véhicules et il n'y avait plus de raids dans les maisons. Le mot d'ordre semblait même être "ne nous embêtez pas et nous ne vous embêterons pas."

Les survivants civils aussi ont adopté une attitude plus neutre que par le passé. Il y avait de la crainte envers l'Organisation, mais très peu d'expression d'hostilité. Les gens ne savaient pas si l'Organisation avait lancé les missiles et détruit leur cité, comme les médiats du Système l'avaient affirmé. En tout cas, ils semblaient tout aussi disposés à accuser le Système d'avoir laissé cela se produire, que nous de l'avoir fait.

L'holocauste que ces gens-là avaient traversé, les avait clairement convaincus d'une chose: le Système ne pouvait plus désormais garantir la sécurité. Ils n'avaient même plus une bribe de confiance dans leur ancien ordre. Ils veulent désormais simplement et sûrement survivre et ils se tourneront vers n'importe qui, pourvu qu'on les aide à rester en vie un peu plus longtemps.

Percevant ce changement d'attitude, nos membres ont commencé à recruter et à organiser parmi les survivants autour de Baltimore des réunions semi-publiques. Ces dernières ont rencontré suffisamment de succès pour que le Commandement Révolutionnaire autorise la tentative d'établissement d'une petite zone libérée, à l'ouest de la cité.

Avec dix de mes camarades, nous sommes venus de Washington pour essayer d'aider le lancement de ce projet, avec enthousiasme. Au bout de quelques jours, nous avons établi un périmètre raisonnablement défendable, qui englobait environ deux mille maisons et autres bâtiments, avec un total d'environ douze mille occupants. Ma principale fonction fut de pratiquer des tests de surveillance radiologique des sols, des bâtiments, de la végétation et des sources d'eau de la région, afin que nous puissions être certains de toute absence de niveau dangereux de radiations nucléaires.

Nous avons organisé une milice à peu près efficace, composée d'environ 300 personnes de la région et les avons équipées d'armes. Il serait risqué à ce stade d'essayer d'armer une milice plus importante, car nous n'avons pas encore eu l'opportunité de conditionner idéologiquement la population locale autant que nous le souhaiterions. Nous devons donc toujours les surveiller et les encadrer sérieusement. Toutefois, nous avons choisi les hommes en meilleure santé et présentant les meilleures capacités. Il faut dire que nous avons plutôt de l'expérience en ce qui concerne le recrutement des personnes. Je ne serais pas surpris si près de la moitié de nos miliciens montaient en grade pour devenir membres de l'Organisation. Certains vont même probablement être admis dans l'Ordre.

Oui, je pense que nous pouvons plus ou moins compter sur nos nouvelles recrues. Il y a encore beaucoup de ressources humaines non corrompues et livrées à elles-mêmes dans ce pays. La corruption a été largement produite par l'installation d'une idéologie étrangère et d'un système de valeurs étranger, dans un peuple désorienté par un mode de vie non naturel et une spiritualité malsaine. Le "soft totalitarisme" de ces dernières années avait imposé le "culturellement" et le "politiquement correct," mais tout ceci est désormais effacé. La dimension héroïque de la vie, incarnée par la figure emblématique du guerrier, est en train de renaître. La logique d'une société de consommation qui ne propose comme reconnaissance sociale que le nombre d'appareils électroménagers, voitures etc. dont dispose un foyer est belle et bien révolue!

L'enfer qu'ils traversent actuellement présente au moins un aspect positif: ils sont en train de s'affranchir de leur inconscience. A nous de nous servir de leur réceptivité actuelle pour les initier à une vision du monde conforme à notre héritage aryen.

Notre premier travail fut de nettoyer et d'éliminer les éléments étrangers et les criminels raciaux de la nouvelle enclave. C'est incroyable le nombre de gens venant du moyen orient, à la peau foncée et aux cheveux crépus, qui ont envahi ce pays durant la dernière décennie. Je pense qu'ils avaient la mainmise sur tous les restaurants et les stands de hot dog du Maryland. Nous avons dû abattre au moins une douzaine d'iraniens, "réfugiés politiques," rien que dans notre petite enclave et plus du double s'est enfui quand il a réalisé ce qui se passait.

Ensuite, nous avons formé des brigades de travail avec la population, pour accomplir un certain nombre de tâches nécessaires, dont l'une était l'évacuation sanitaire des centaines de corps des réfugiés. La majorité de ces pauvres créatures était blanche et j'ai entendu un de nos membres se référer à ce qui leur était arrivé, en utilisant l'expression: "c'est le massacre des innocents."

Je ne suis pas sûr que ce soit une description correcte du récent holocauste. Je suis évidemment désolé pour les millions de blancs qui sont morts ici et en Russie, ainsi que tous ceux qui vont encore mourir avant que nous en ayons fini avec cette guerre pour nous libérer du joug juif. Mais innocents, je ne crois pas. Ce terme ne devrait certainement pas être appliqué pour la majorité des adultes.

Après tout, l'homme n'est-il pas essentiellement responsable de sa condition, au moins dans le sens de la collectivité? Si les nations blanches dans le monde ne s'étaient pas laissés faire en devenant des sujets du juif éternel, des idées sémites et de l'esprit marchand, cette guerre n'aurait pas été nécessaire. Nous ne pouvons pas les considérer comme "innocents".

Nous avions le choix, nous avions d'autres références, qui nous auraient permis d'éviter le piège de la gangrène juive. Nous n'avons aucune excuse.

Des hommes de sagesse, d'intégrité et de courage nous ont prévenus, encore et encore des conséquences de notre folie. Et même lorsque nous étions tous en train de marcher le long du "chemin fleuri des juifs," plusieurs opportunités se sont présentées à nous pour nous libérer des tentacules de la pieuvre. La plus récente eut lieu il y a 50 années de cela, quand les juifs étaient coincés dans leur conflit pour devenir les maîtres de l'est et du centre de l'Europe.

Nous nous sommes rangés du côté des juifs lors de cette bataille, comme toujours. Nous avions choisi les mauvais guides, des leaders corrompus, car nous accordions de la valeur à ce qui était pourri. Nous avions choisi des chefs qui nous faisaient de belles promesses, qui flattaient nos faiblesses et nos vices. Ces personnalités étaient mielleuses, présentaient bien sur scène et savaient sourires de manière charmeuse, mais étaient sans caractère ou sans scrupule. Nous avons ignoré les issues réellement importantes pour la vie de notre peuple. Nous avons donné les pleins pouvoirs à un Système criminel, afin qu'il conduise les affaires de notre nation, comme il l'entendait, pourvu qu'il nous donne suffisamment de pain et des rêves futiles.

La folie, l'ignorance volontaire, la feignantise, l'avarice, l'irresponsabilité et la timidité morale sont à blâmer au même titre que la pire des perversités. Nous sommes autant responsables du fait de notre lâcheté que les juifs eux-mêmes.

La nature ne tolère aucune bonne excuse et nous ne devons pas la trahir, sinon nous risquons de devenir esclaves, ce qui est pire que la mort. Toute espèce qui néglige de suivre sa voie naturelle en n'assurant pas sa descendance, ou en se mélangeant avec une autre espèce, n'accomplit pas son devoir et ne peut donc être jugée "innocente". La punition ne peut en aucune manière être considérée comme injuste quelle qu'en soit la sévérité.

Immédiatement après notre succès en Californie cet été, dans ma tâche avec la population civile, il m'est clairement apparu la raison pour laquelle le peuple américain ne mérite pas d'être considéré comme "innocent". Sa réaction face au conflit civil était basée uniquement sur la façon dont cela affectait leur petit confort. Durant les deux premiers jours, avant qu'il n'apparaisse à la plupart des gens que nous allions peut-être l'emporter, les civils blancs, même ceux qui avaient une conscience raciale, nous étaient généralement hostiles. Nous étions en train de bouleverser leur façon de vivre et de rendre leur poursuite coutumière du plaisir terriblement difficile.

Puis, lorsqu'ils ont appris à nous craindre, ils se sont tous fait forts de nous plaire. Mais ils n'étaient pas réellement conscients de ce qui était juste ou non dans cette lutte. Ils ne voulaient pas s'encombrer l'esprit avec de grandes considérations. Leur attitude aurait pu se traduire par: "dites-nous juste en quoi nous sommes censés croire et nous y croirons." Ils voulaient seulement se sentir en sécurité et retrouver leur petite vie tranquille, le plus vite possible. En revanche, ils n'étaient pas cyniques. Ils n'étaient pas spécialement cultivés, c'étaient des gens simples.

En fait, les gens simples ne sont pas moins coupables que les gens plus évolués qui forment les piliers du Système. Prenons la police politique par exemple. La plupart d'entre eux, les hommes blancs, ne sont pas spécialement diaboliques. Ils servent des maîtres redoutables, mais eux relativisent ce qu'ils font. Ils se justifient, certains en des termes patriotiques, en disant qu'ils protègent notre façon libre et démocratique de vivre. D'autres reprennent une argumentation religieuse ou idéologique, brandissant les idéaux chrétiens d'égalité et de justice.

On peut les traiter d'hypocrites et les montrer du doigt, ils évitent délibérément de penser à quoi que ce soit qui pourrait remettre en question la validité de leurs phrases creuses, par lesquelles ils se justifient. Ne peut-on pas dire de tous ceux qui ont toléré le Système qu'ils sont hypocrites? Qu'ils l'aient activement encouragé ou non. Tous ceux qui ont répété comme des perroquets des phrases types, en refusant d'examiner leurs implications et leurs contradictions, ne sont-ils pas tous à blâmer?

Aucune strate de la société blanche ne vaut plus qu'une autre. Depuis les "cous-rouges" (sobriquet donné aux péquenots du Maryland) et leurs familles, dont les corps radioactifs ont été envoyés par un bulldozer dans une énorme fosse il y a quelques jours, jusqu'aux professeurs d'université que nous avons "punaisés" à Los Angeles en juillet dernier. Qui peut réellement clamer qu'il ne méritait pas ce qui lui est arrivé? Il n'y a pas si longtemps de cela, presque tous ceux qui aujourd'hui déambulent sans maison, en se lamentant sur leur malheur présent, soutenaient le Système, directement ou non.

Un bon nombre de nos gens ont été plutôt maltraités par le passé et je connais même le cas de deux camarades qui ont été tués quand ils sont tombés entre les mains des cous-rouges. Ces "braves gars" qui, bien que n'étant pas des libéraux ou des shabbos goïm, n'avaient que faire des radicaux qui voulaient renverser le régime. Dans leur cas ce n'était que pure ignorance.

Mais l'ignorance de cette sorte n'est pas plus excusable que le bêlement des moutons libéralistes, des pseudo-intellectuels qui ont promu, de manière malhonnête, l'idéologie juive depuis tant d'années. C'est par égo ïsme et par lâcheté que la majorité de la classe moyenne américaine a pris le train juif en marche. Ils ne se plaignaient que lorsque leur portefeuille d'action souffrait des fluctuations boursières.

Non, décidément le mot "innocents" n'a pas de sens. Nous devons observer notre situation de façon collective, selon une éthique et des critères raciaux. Nous devons comprendre que notre race est comme un patient atteint du cancer, qui suit une chirurgie drastique ayant pour objet de sauver sa vie. Cela n'a pas de sens de se demander si le tissu que l'on est en train de retirer est malade ou pas.

Ce n'est pas plus raisonnable d'essayer de distinguer les bons juifs des mauvais. Ou, comme certains de ces braves gars, de tenter toujours de séparer les bons nègres du reste de leur race.

Le fait est que nous sommes tous responsables individuellement de la morale et du comportement de l'ensemble de notre lignée. Il n'y a aucun moyen d'éviter d'être responsable à long terme, pas plus pour nous que pour ceux des autres races. Et chacun, à tout moment, doit se tenir prêt à rendre des comptes. Actuellement, beaucoup doivent s'y préparer.

L'ennemi est également en train de payer. Il essaie toujours d'avoir une emprise ici, mais il commence aussi à décliner en dehors de l'Amérique du nord. Bien que le gouvernement fasse le black out sur la plupart des informations étrangères, nous avons reçu des rapports clandestins de nos unités d'outre Atlantique et nous avons également suivi les émissions des journaux télévisés européens.

En 24 heures à peine, nous avons touché Tel Aviv et une demi-douzaine d'autres cibles israéliennes le mois dernier. Des centaines de milliers d'arabes traversaient la frontière de la Palestine occupée. La plupart d'entre eux étaient des civils armés seulement de couteaux et de massues et les garde-frontières juifs en ont descendu des milliers, jusqu'à ce que leurs munitions soient épuisées. La rancoeur des arabes, contenue depuis 45 ans, les a entraînés à traverser les champs de mines à travers les tirs des mitraillettes juives. Même dans le chaos radioactif des cités brûlantes, leur seule pensée a été de massacrer ceux qui avaient volé leur terre, tué leurs pères et les avaient humiliés depuis deux générations. En l'espace d'une semaine, la gorge du dernier juif survivant avait été tranchée, le dernier kibboutz et la dernière ligne de front étaient partis en fumée.

Les nouvelles qui parviennent de la Russie sont très éparses mais les rapports nous disent que les survivants russes se sont occupés de leurs juifs à peu près de la même manière. Dans les ruines de Moscou et de St Pétersbourg, durant les premières journées, les gens ont rassemblé tous les juifs qu'ils ont pu trouver et les ont poussés dans les bâtiments en feu ou sur les débris brûlants.

Des émeutes anti-juives ont éclaté à Londres, Paris, Bruxelles, Rotterdam, Bucarest, Buenos Aires, Johannesburg et Sydney. Les gouvernements de la France et de la Hollande, tous deux pourris jusqu'à la moelle par la corruption juive sont tombés et les gens marquent des points dans les villes et les villages à travers ce pays.

C'est le genre de choses qui s'est produite à maintes et maintes reprises durant le moyen âge. Bien sûr, chaque fois les gens en avaient finalement eu assez des juifs et de leurs escroqueries. Malheureusement ils n'ont jamais complètement terminé le boulot, et ils n'y parviendront sûrement pas cette fois-ci encore. Je suis sûr que les juifs sont en train de fomenter des plans pour leur retour, dès que la pression sera un peu retombée, ils oublieront. Les peuples ont la mémoire si courte!

Mais nous, nous n'oublierons plus! Nous n'en laisserons pas un seul en vie, afin que l'histoire ne se répète plus. Quel que soit le temps que cela nous prendra et quelle que soit la distance à parcourir, nous emporterons la victoire finale sur le combat qui oppose nos deux races depuis des millénaires. Si l'Organisation survit à ce conflit, aucun juif ne sera sauf nulle part. Nous irons jusqu'au fin fond de la terre pour chasser le dernier rebut de l'humanité. Grâce à l'élaboration de nouveaux tests médicaux très simples, nous pourrons éradiquer jusqu'au dernier des porteurs de marqueurs génétiques juifs.

Les principes de l'Organisation que nous utilisons dans le Maryland, sont un peu différents de ceux utilisés en Californie, car la situation ici n'est pas la même. Ici, contrairement au sud de la Californie, il n'y a ni barrière géographique naturelle, ni une clôture formée par les troupes gouvernementales pour séparer notre enclave de ce qui l'entoure.

Bien sûr, nous avons fait ce que nous avons pu pour parer à ce manque. Initialement, nous avons choisi un périmètre qui suivait les espaces séparant les structures construites par les hommes, même si, pour presque un mile de longueur, cet espace ne faisait que 100 yards de largeur, c'est-à-dire la valeur d'une autoroute, les troupes du Système contrôlant les sorties. Nous avons protégé certaines zones ouvertes avec des barbelés et des mines. Nous avons brûlé les bâtiments et la flore autour de l'enclave qui pouvaient servir d'abri ou de couverture pour les snippers ou pour une concentration de troupes hostiles.

Toutefois si les gens de notre enclave veulent partir, il n'y a quasiment aucun moyen pour notre milice d'en arrêter plus de quelques-uns. Plus encore que la peur de la mort, nous disposons de trois facteurs pour les retenir. Premièrement, nous avons ramené l'ordre parmi la population de notre enclave, de manière beaucoup plus efficace que le gouvernement ne le fait à l'extérieur. Après le chaos que ces gens viennent de subir, ils ont tous, hormis les asociaux incurables, soif d'autorité et de discipline.

Deuxièmement, nous sommes bien engagés sur la voie du rétablissement d'une nouvelle économie dans cette enclave. Nous avons un grand réservoir où l'eau est stockée, que nous gardons plein simplement en pompant la nappe phréatique grâce aux puits déjà existants; il y a deux bâtiments remplis de nourriture quasiment intacte et un silo presque entièrement rempli de grain. De plus, nous possédons quatre fermes qui ont un bon rendement, avec presque assez de production pour nourrir la moitié des gens ici. Nous complétons notre déficit actuel de nourriture, en faisait des raids à l'extérieur de l'enclave. Mais quand nous aurons fini de convertir chaque parcelle de terre en un potager, nous n'aurons plus besoin d'agir ainsi.

Et enfin, ce qui n'est pas négligeable, tout le monde dans l'enclave est aryen. Nous réglons chaque cas litigieux efficacement. Alors qu'en dehors il y a toujours un assortiment de toutes les races possibles et imaginables. Quiconque ayant envie de rejoindre cet amalgame par excès de fraternité juive peut quitter notre enclave, mais je doute qu'il y ait beaucoup de volontaires.

2 novembre 1993: Nous avons eu une longue réunion cet après-midi, durant laquelle nous avons été mis au courant des derniers développements nationaux. Les nouvelles priorités ont été définies pour notre programme d'action locale.

Très peu de changements ont eu lieu au plan national ces six dernières semaines. Le gouvernement a été incapable de rétablir l'ordre dans les zones dévastées. Les dommages faits au réseau de transport national n'ont pas été réparés. La production et la distribution d'énergie, ainsi que les autres éléments essentiels au contrôle de l'économie nationale sont toujours à l'abandon. Les gens, de façon générale, doivent se débrouiller seuls, pendant que le Système galère avec ses propres problèmes, dont le principal reste le manque de confiance et de fiabilité en ses forces militaires.

Ce manque de changement est très encourageant parce que cela signifie que le Système n'arrive pas à retrouver le niveau de contrôle sur le pays qu'il exerçait avant le 8 septembre. Le gouvernement n'est tout simplement pas capable de gérer les conditions chaotiques qui prévalent maintenant dans de grandes zones.

Nos unités ont fait le maximum en matière de sabotage. Cela a, bien sûr, contribué à déstabiliser les choses, mais le Commandement Révolutionnaire a préféré attendre pour voir évoluer la situation à court terme, avant de décider de la prochaine phase stratégique de l'Organisation.

La décision a maintenant été prise et nous devons continuer un peu partout, d'agir ainsi que nous l'avons fait le mois dernier dans le Maryland. Nous allons transformer une grande partie des actions de guérillas, en actions publiques et semi-publiques. C'est une bonne nouvelle! Cela veut dire un nouvel échelon dans notre offensive. Cette évolution ne peut être entamée que parce nous gagnons la confiance du peuple et que la victoire tourne maintenant en notre faveur!

Mais notre ancienne offensive n'est, en aucun cas, terminée. Un des dangers les plus inquiétants auquel nous devons nous préparer serait une attaque militaire de grande envergure sur la Californie. Les forces du gouvernement sont en train d'organiser en ce moment un rassemblement rapide dans les zones sud de la Californie. Une invasion de la zone libérée semble imminente. Si le Système l'emporte en Californie, cela entraînera certainement des mouvements similaires contre Baltimore ainsi que toute autre enclave que nous pourrions établir dans le futur et ce, malgré nos menaces d'attaque nucléaire.

Le problème semble émaner d'une clique de généraux conservateurs du Pentagone. Ces derniers nous considèrent comme une menace vis-à-vis de leur autorité. Ils n'ont aucune affection particulière pour les juifs, ils ne sont pas spécialement touchés par la situation actuelle, même s'ils en sont partie prenante de facto. Ils voudraient institutionnaliser de façon permanente, l'état actuel des lois martiales, pour restaurer l'ordre progressivement en ramenant de nouveaux statu quo, basés sur leurs idées plutôt réactionnaires et myopes.

Nous sommes pour eux des gêneurs et ils aimeraient bien nous écraser. Ce qui les rend particulièrement dangereux pour nous, c'est qu'ils ne sont pas aussi effrayés par notre riposte nucléaire que l'étaient leurs prédécesseurs. Ils savent que nous pouvons détruire d'autres cités et tuer encore beaucoup de civils, mais eux se croient invulnérables.

J'ai eu un entretien privé avec le Major Williams du Commandement de Washington durant plus d'une heure, concernant le problème de l'attaque du Pentagone. Les autres principaux centres de commandement nucléaire ont été soit effacés le 8 septembre, soit coordonnés par le Pentagone. Ce dernier semble être apparemment imprenable et continu de nous narguer.

Nous avons passé en revue toutes les possibilités qui s'offrent à nous et nous avons fini par arriver à un plan plutôt convaincant: effectuer un bombardement aérien.

Dans le cordon de protection qui encercle le Pentagone, il y a un grand nombre d'endroits de défense antiaérienne. Cependant, nous avons pensé qu'un petit avion, qui volerait juste au-dessus du sol, pourrait peut-être franchir leurs lignes avec une de nos têtes nucléaires de 60 kilotonnes. Un des facteurs favorables pour une telle tentative est que nous n'avons jusqu'à lors jamais utilisé d'avion pour ce genre de mission. Nous pouvons ainsi espérer prendre le personnel antiaérien par surprise.

Bien que les militaires gardent tous les aéroports civils, il se trouve que nous avons un petit avion qui sert à déverser des pesticides sur les cultures. Actuellement, il est caché dans une vieille grange, à seulement quelques miles d'ici. Ma tâche immédiate est de préparer un plan détaillé de l'attaque aérienne du Pentagone, pour lundi prochain. Nous devons ce jour-là arrêter une décision finale et décider de passer à l'action sans plus attendre.

Tous Les Chapitres | Chapitre suivant

 

© 1998 National Vanguard Books · Box 330 · Hillsboro ·WV 24946 · USA