Les Carnets de Turner

Chapitre XIV


24 mars 1993: Aujourd'hui je suis passé en jugement pour parjure -- la plus sérieuse infraction pour laquelle un membre de l'Ordre puisse être inculpé. Ce fut une expérience déchirante, mais je savais qu'elle était en train d'aboutir, et je suis énormément soulagé que cela soit passé, en dépit du résultat.

Durant tous ces mois dans ma cellule, j'angoissais sur une question: avais-je, en ne m'étant pas tué avant d'être capturé, brisé mon serment envers l'Ordre? J'ai dû me remémorer une centaine de fois les circonstances de ma capture et les événements ultérieurs, essayant de me convaincre que mon comportement avait été irréprochable, que j'étais tombé vivant dans les mains de ceux qui m'avaient capturé, sans réelle faute de ma part. Aujourd'hui, j'ai relaté le déroulement complet des événements, à un jury de mes pairs.

La convocation est arrivée ce matin, par radio, et j'ai su immédiatement quel en était le motif, bien que je sois surpris par l'adresse à laquelle j'avais reçu l'ordre de me présenter: il s'agissait de l'un des plus récents et plus grands immeubles du centre de Washington. Une séduisante réceptionniste m'introduisit dans une salle de conférence, dans une grande suite de bureaux de magistrats. Mon inquiétude se mêlait à la gratitude pour cette période de trois jours de convalescence, qui m'avait été octroyée depuis l'évasion.

Je venais juste de me glisser dans la chasuble qui m'attendait sur un portemanteau, quand une porte s'ouvrit et que huit autres silhouettes, portant également des toges et des capuches, entrèrent dans la salle et prirent place silencieusement autour d'une grande table. Le dernier des huit avait sa capuche baissée, et j'ai reconnu le visage familier du Major Williams.

Les procédures se passèrent rapidement car c'étaient surtout des formalités. Après un peu plus d'une heure de questions, on me fit patienter dans une petite pièce, à côté. J'ai attendu là pendant presque trois heures. Les autres eurent finalement achevé de statuer sur mon cas, et avaient arrêté une décision. Je fus appelé dans la salle de conférence. Je m'arrêtais à un bout de la table, le Major Williams était assis à l'autre bout et prononça le verdict. Ses mots, autant que je me souvienne, furent les suivants: "Earl Turner, nous avons pesé vos actes en tant que membre de cet ordre sur deux points, et nous avons trouvé à redire sur les deux."

"Premièrement, dans votre conduite précédant immédiatement le raid de la police dans lequel vous avez été capturé et emprisonné, vous avez témoigné d'un manque réel de maturité, et d'une absence de discernement. Votre absence de discrétion en rendant visite à la fille de Georgetown -- un acte qui, bien qu'il ne fût pas spécifiquement interdit, n'était pas du domaine des devoirs qui vous incombaient -- menait directement à la situation dans laquelle vous et les membres de votre unité vous êtes trouvés en extrême péril. De surcroît une infrastructure de valeur a été perdue pour l'Organisation."

"A cause de ce manque de jugement de votre part, votre période de probation comme membre de l'Ordre sera prolongée de 6 mois. De plus, le temps durant lequel vous étiez prisonnier ne compte pas pour votre probation. Donc, vous ne serez pas admis au rituel de l'Union avant mars l'année prochaine, au plus tôt."

"Nous trouvons cependant, que votre conduite antérieure au raid de la police ne constitue pas une violation de votre serment."

J'ai émis un imperceptible soupir de soulagement en entendant ces dernières paroles. Mais alors, Williams continua avec une intonation plus sinistre: " Le second point litigieux concerne le fait que vous avez été pris vivant par la police politique, et demeuré vivant durant presque un mois d'interrogatoire, est une chose beaucoup plus grave."

"En prêtant serment, vous aviez consacré votre vie au service de l'Ordre. Vous vous étiez engagé à placer vos devoirs envers l'Ordre avant toute autre chose, incluant la préservation de votre vie, à tout moment. Vous aviez accepté cette obligation de plein gré, et en pleine connaissance de cause, pour la durée de notre lutte."

"Conséquemment vous étiez spécifiquement averti du fait qu'il ne fallait pas tomber vivant entre les mains de la police politique, et aviez les moyens de vous supprimer.

Vous êtes tombés entre leurs mains vivant. Les informations qu'ils vous ont arrachées ont sérieusement gêné le travail de l'Organisation, dans cette région, et ont placé plusieurs de vos camarades dans une situation très périlleuse."

"Nous comprenons, naturellement, que vous n'avez pas sciemment pris la décision de violer votre serment. Nous avons étudié avec soin les circonstances de votre capture, et nous n'ignorons pas les techniques d'interrogation que la police politique utilise contre nos hommes. Si vous étiez seulement un soldat, dans n'importe quelle autre armée dans le monde, vous seriez considéré comme irréprochable. Mais l'Ordre n'est pas comme n'importe quelle armée. Nous avions revendiqué pour nous même le droit de décider du sort de tous nos hommes et, éventuellement, de diriger le monde en accord avec nos principes. Si nous méritons ce droit, alors nous devons être prêts à accepter la responsabilité que cela entraîne. Chaque jour nous prenons des décisions et exécutons des actions qui causent la mort de personnes blanches; nombre d'entre elles étant innocentes. Nous sommes prêts à prendre les vies de ces personnes innocentes, parce qu'un préjudice beaucoup plus grand, guette en dernier lieu notre peuple si nous échouons maintenant dans nos actes. Notre critère fondamental est le bien de notre race."

"A vrai dire, nous devons être beaucoup plus rigides avec nous-mêmes, qu'avec les autres."

"Nous devons, en ce qui nous concerne, maintenir une ligne de conduite plus élevée que celle que nous demandons au peuple et même aux simples membres de l'Organisation. En particulier, nous ne devons jamais accepter l'idée, née de la maladie de notre ère, qu'une bonne excuse pour ne pas avoir exécuté son devoir est une issue satisfaisante."

"Pour nous, il ne peut y avoir d'excuses. Ou nous accomplissons notre devoir, ou nous ne le faisons pas. Si nous ne le faisons pas, aucune excuse n'est nécessaire. Nous acceptons simplement la responsabilité de l'échec. Et s'il y a une sentence, nous l'acceptons aussi. La sentence pour le parjure est la mort." La salle était silencieuse, mais je pouvais entendre un bourdonnement dans mes oreilles, et le sol semblait osciller sous mes pieds. Je restais abasourdi jusqu'à ce que Williams recommence à parler, cette fois d'une voix un peu plus douce:

"Le devoir de ce tribunal est clair, Earl Turner. Nous devons agir dans votre cas de la même manière que pour chaque membre de cet ordre qui peut, à l'avenir, se trouver dans des circonstances similaires aux vôtres durant un raid de la police dans notre quartier général. Chacun doit savoir que la mort est inéluctable, s'il ne peut éviter la capture -- ou une mort honorable de sa propre main, ou une mort beaucoup plus honorable de la main de ses camarades plus tard.

Il ne doit pas y avoir de tentation pour lui d'échapper à son devoir, dans l'espoir qu'une bonne excuse tardive préservera sa vie."

"Certains d'entre nous, présents ici aujourd'hui, ont soutenu que cette considération -- disposant d'un solide exemple pour les autres -- devait être l'unique élément déterminant de votre destin. Mais les autres ont soutenu que, parce que vous n'aviez pas encore acquis entièrement la qualité de membre de cet ordre au moment en question -- comme vous n'aviez pas encore participé au rite de l'Union -- votre conduite peut être raisonnablement jugée à un degré différent. Cela aurait été différent s'il s'était agi d'un membre qui avait achevé sa période de probation et accompli l'Union."

"Notre décision n'a pas été facile, mais maintenant vous devez l'entendre et vous y soumettre. Premièrement, vous devez achever de manière satisfaisante votre période de probation prolongée. Puis, quelque temps après la fin de cette période, vous serez admis à l'Union. Mais seulement à une condition de base, quelque chose que nous n'avons jamais accordé avant. Cette condition sera que vous entrepreniez une mission dont l'achèvement, couronné de succès, peut vraisemblablement aboutir à votre mort."

"Malheureusement, nous sommes tous trop souvent confrontés à la douloureuse tâche de désigner de telles missions-suicides à nos membres, quand nous pouvons trouver d'autres moyens pour mener à bien un but nécessaire. Dans votre cas, une telle mission servira deux fins."

"Si vous l'accomplissez avec succès, l'acte de réalisation supprimera les conditions de votre Union. Alors, quand bien même vous mourrez, vous continuerez à vivre en nous et en nos successeurs aussi longtemps que notre Ordre durera, tout comme n'importe quel autre membre qui met un terme à l'Union perd la vie. Et si, par chance, vous deviez survivre à votre mission, vous pourrez alors prendre votre place dans nos rangs, sans aucune tâche sur votre rapport officiel. Avez-vous compris tout ce que j'ai dit?"

Je fis un signe de la tête et répondis: "oui, j'ai compris, et j'accepte votre jugement sans réserve. C'est juste et convenable. Je n'ai jamais envisagé de survivre à la lutte dans laquelle nous sommes maintenant engagés, et je suis reconnaissant à l'Organisation de m'avoir autorisé à servir encore notre cause. Je suis également heureux que la perspective de l'Union me soit encore permise."

25 mars 1993: Aujourd'hui, Henry nous a rejoints et avec Bill, nous avons eu une longue conversation. Henry se rendra sur la côte ouest demain, et il a souhaité aider Bill à m'affranchir des derniers développements intervenus depuis l'année passée, avant son départ. Apparemment il aura la charge d'entraîner de nouvelles recrues et de mettre en place d'autres fonctions internes à l'Organisation sur Los Angeles où nous sommes extrêmement bien implantés. Il me salua en me montrant le signe de reconnaissance et j'ai su qu'il était également devenu un membre de l'Ordre.

Par définition, ce que j'ai appris aujourd'hui mène aux mêmes conclusions que celles que j'ai tiré du fond de ma cellule: l'Organisation est passée brusquement d'attaques orientées sur des cibles tactiques et personnelles vers des cibles stratégiques et économiques. Nous n'essayons plus de détruire directement le Système, mais nous concentrons désormais nos efforts en vue de saper le support populaire dont il bénéficie.

Je sentais depuis longtemps que ce changement était nécessaire. Apparemment deux éléments ont conduit le PCW à la même conclusion: le fait que nous ne recrutions pas assez de membres pour compenser les pertes subies dans notre guerre d'usure contre le Système; également le fait que ni nos attentats, ni les réponses répressives exponentielles du Système à ces explosions n'avaient produit d'effets déterminant dans l'opinion publique à l'égard du Système.

Le premier facteur était impératif. Nous ne pouvions pas soutenir le niveau d'activité contestataire à mesure que le nombre de nos victimes augmentait, même si nous l'avions voulu. Henry estimait que le nombre total de nos troupes de combat sur tout le territoire -- ceux prêts et capables de se servir de lame, de flingue, ou de bombe -- avait décliné au point le plus bas, avec environ 400 personnes depuis l'été dernier. Nos troupes de choc représentent à peu près le quart de l'effectif de l'Organisation, et elles ont payé le prix fort avec un nombre de victimes disproportionné.

Aussi, l'Organisation était forcée de relâcher temporairement la pression militaire, pendant que nous préserverons toujours un noyau dur pour une nouvelle approche. Toute notre stratégie contre le Système a échoué.

Cela a échoué, car la grande majorité des américains blancs, n'a pas réagi à la situation de la manière que l'on pouvait espérer. Il se trouve que nous avions misé sur un impact positif et sur une imitation de notre "propagande de l'exploit," mais ça n'a pas fonctionné.

Nous espérions qu'en donnant l'exemple de la résistance, face à la tyrannie du Système, d'autres résisteraient également. Nous avions misé sur le fait, qu'en portant des coups dramatiques contre des plus hautes personnalités du Système et contre ses principales infrastructures, nous aurions insufflé aux américains l'idée de déclencher partout des actions similaires, de leur propre initiative. Mais, dans l'ensemble, les bâtards peuvent dormir tranquilles.

Bien sûr, une douzaine de leurs synagogues a flambé, et il y a eut une monté en flèche de la violence politique, mais c'était généralement désorganisé et inefficace. Sans encadrement de telles actions ont peu de portée, sauf si elles sont généralisées et peuvent être soutenues sur une longue période.

Enfin la réplique du Système aux coups de l'Organisation a irrité bon nombre de gens et a causé un tas de grognements, mais la situation n'est jamais devenue assez tendue pour provoquer une révolution. La tyrannie que nous avons découverte, est tout sauf impopulaire chez les américains.

Ce qui est vraiment précieux pour l'américain moyen, ce n'est pas sa liberté ou son honneur ou encore le futur de sa race, mais sa feuille de paie. Il s'est lamenté quand le Système a mis ses gosses dans des écoles de nègres, il y a 20 ans de cela, mais comme il pouvait toujours jouir de son 4X4 et de son hors-bord, alors il n'a pas combattu.

Il s'est plaint quand ils lui ont dégagé ses flingues il y cinq ans, mais il avait toujours sa télé couleur et son barbecue intégré, alors il n'a pas combattu.

Et aujourd'hui il pleurniche quand des noirs violent sa femme à volonté et quand le Système l'oblige à montrer une pièce d'identité pour acheter des aliments ou pour acquérir de la lessive, mais il a toujours le ventre rempli, à longueur de temps, alors il ne combattra pas.

Aucune idée ne jaillit de son cerveau qui ne lui ait été dictée par son poste de télé. Il cherche désespérément à être "politiquement correct," à agir, à penser et à dire exactement ce qu'on attend de lui. Il est devenu rapidement tout ce que le Système tentait de faire de lui depuis 50 ans: un homme uniformisé, un membre du grand prolétariat lobotomisé; une bête de somme; un vrai démocrate.

Voilà ce qu'est notre américain blanc moyen. Nous pouvons souhaiter le contraire, mais c'est ainsi. L'entière et horrible vérité est que nous avons essayé d'insuffler l'esprit héroïque de l'idéalisme qui n'était plus présent. Cela a été un fiasco chez 99 % de notre peuple, abreuvé par la propagande matérialiste hébraoque, qui a pratiquement submergé toute leurs vies.

Concernant le dernier 1 % restant, il y a de nombreuses raisons pour lesquelles ils ne nous ont pas apporté grand chose de positif. Evidemment, certains étaient trop anars pour travailler à l'intérieur des contraintes fixées par l'Organisation -- ou par n'importe quel groupe structuré; ils pouvaient seulement "se mêler de leurs propres affaires," ils constituaient la majorité. Les autres pouvaient encore avoir d'autres aspirations, ou n'avaient peut-être pas pu entrer en contact avec nous, depuis l'entrée en clandestinité. Eventuellement nous pourrions recruter parmi ces derniers, mais le temps nous manque.

Ce que l'Organisation a entrepris depuis six mois c'est de traiter les américains de façon objective, pour la première fois -- à savoir comme un troupeau de bétail. Depuis qu'ils ne sont plus capables de répondre à un élan idéaliste, nous avons dû les pousser vers des choses qu'ils peuvent comprendre: la peur et la faim.

Nous enlèverons la nourriture de leurs tables et viderons leurs réfrigérateurs. Nous amputerons le Système de sa principale emprise sur le peuple. Et, lorsqu'ils commenceront à sentir la faim, nous nous ferons craindre d'eux, encore plus qu'ils ne craignent le Système. Nous les traiterons exactement de la manière qu'ils méritent. J'ignore pourquoi nous avons négligé cette approche depuis aussi longtemps. Nous avions pourtant l'exemple des décennies de luttes armées en Afrique, Asie et Amérique Latine, pour nous instruire. Dans chaque cas, les guérillas ont gagné en effrayant le peuple, pas en l'aimant. En torturant à mort publiquement les chefs des villages, qui leur étaient hostiles et refusaient de les ravitailler. En organisant d'horribles massacres des populations de villages entiers qui refusaient de les nourrir, elles inspirèrent une telle crainte dans les bleds voisins, que tout le monde était terrorisé à l'idée de refuser ce qu'elles demandaient.

Nous, américains, avions observé tout cela mais n'avons pas appliqué la leçon à nous-mêmes. Nous observions -- objectivement -- tous ces métèques comme une espèce de meute d'animaux et n'étions pas surpris qu'ils aboutissent là où ils en étaient. Mais nous nous considérions -- à mauvais titre -- comme bien meilleurs.

Il fut une époque où nous étions meilleurs -- et nous combattons pour nous assurer que de tels temps puissent revenir -- mais actuellement nous sommes un simple troupeau, manipulés à travers nos instincts les plus primaires, par une poignée d'habiles étrangers. Nous en étions à un point tel, que nous n'avions pas détesté longtemps nos oppresseurs, ou tenté de les combattre; nous tremblions devant eux et comptions innocemment obtenir des faveurs de leur part.

Qu'il en soit ainsi. Nous devrons souffrir considérablement pour nous être permis de tomber sous le charme juif.

Nous avons cessé de gaspiller nos ressources dans des attaques de faible ampleur, et nous nous sommes orientés vers des attaques d'envergure en sélectionnant rigoureusement des cibles économiques. Notamment: les centrales électriques, les dépôts de carburant, les équipements de transport, les stocks de nourriture, les usines industrielles clés du pays. Nous ne pouvons pas escompter la destruction immédiate de l'ensemble des clinquantes structures économiques américaines. Mais nous pouvons compter sur un nombre de pannes localisées et temporaires, qui auront graduellement un effet cumulé sur tout le public.

Il y aura certainement une partie conséquente du public, qui réalisera qu'on ne peut pas observer la guerre, en toute sécurité, confortablement calé dans son fauteuil, à travers l'écran de sa télé. A Houston, par exemple, des centaines de milliers de personnes ont été privées de courant, pendant deux semaines, en septembre dernier. La nourriture, contenue dans leurs frigos et leurs congélateurs, a rapidement pourri, tout comme les denrées périssables de leurs supermarchés. Cela a entraîné deux émeutes importantes des habitants affamés, avant que l'armée soit capable de remettre en marche suffisamment de postes de secours, pour satisfaire tout le monde.

A cette occasion, les troupes fédérales ont descendu 26 personnes dans une foule qui tentait de piller un dépôt de vivres fédéral. Ensuite, l'Organisation déclencha une seconde émeute en faisant courir la rumeur selon laquelle, les rations d'urgence que le gouvernement avait distribuées étaient contaminées par le botulisme. Houston n'est toujours pas revenu à la normale, car toute la ville est soumise à un couvre-feu de six heures par jour. A Wilmington nous avons mis la moitié de la ville au chômage en faisant sauter deux grandes usines DuPont. Nous avons éteint la moitié des lumières de la Nouvelle Angleterre, quand nous avons mis hors service une station électrique à la sortie de Providence.

La fabrique de composants électroniques que nous avons touchés à Racine n'était pas très importante, mais elle desservait certains composants-clés pour d'autres manufactures à travers tout le pays. En carbonisant cette usine, nous avons probablement causé la fermeture d'une trentaine d'autres.

Les effets de ses actions ne sont pas encore décisifs, mais si nous pouvons poursuivre dans cette voie, ils le seront. La réaction du public nous a déjà convaincus de cela.

Cette réaction ne peut certainement pas être considérée comme bienveillante envers nous, dans l'ensemble. A Houston, la foule a réussi à enlever deux prisonniers -- des suspects arrêtés pour interrogatoire dans le cadre d'un attentat -- des mains de la police, et leur ont cassé les membres un à un. Heureusement, il ne s'agissait pas de gars de chez nous -- c'étaient seulement deux malheureux types qui étaient à la mauvaise place, au mauvais moment.

Et bien entendu, les conservateurs avaient redoublé leurs jacasseries. Ils se lamentaient en disant que nous ruinions toutes chances d'amélioration des conditions, en "provoquant" le gouvernement par notre violence. Ce qu'entendent les conservateurs lorsqu'ils parlent "d'amélioration" est une stabilisation de l'économie et encore toute une série de concessions pour les noirs. Ainsi tout le monde pourra retourner de nouveau consommer, dans le confort multiracial.

Mais nous avons appris depuis longtemps à ne pas dénombrer nos ennemis, seulement nos amis. Et le nombre de ces derniers est désormais en augmentation. Henry nous a indiqué que nous avons amélioré de 50 % le chiffre de nos adhérents, depuis l'été dernier. A priori notre nouvelle stratégie a permis à de nombreux spectateurs de franchir la barrière -- certains de notre côté et certains de l'autre. Les personnes réceptives commencent à réaliser qu'elles ne peuvent rester en dehors de cette guerre. Nous les avons poussées dans leurs retranchements, d'où ils doivent maintenant choisir leur camp et entrer dans l'action, que cela leur plaisent ou non.

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