Les Carnets de Turner
Chapitre XII
4 décembre 1991. Je suis repassé à Georgetown aujourd'hui pour parler à Elsa, la petite marginale rousse que j'ai rencontrée il y a 15 jours. La raison de ma visite était d'évaluer le potentiel de ses amis, qui pourraient éventuellement jouer un rôle dans notre lutte contre le Système.Actuellement, un certain nombre d'entre eux, comme d'autres gens qui se trouvent dans des circonstances analogues, ont déjà engagé leur propre guerre contre le Système. Depuis le mois dernier, il y a eu une prolifération ahurissante d'incidents dans lesquels l'Organisation n'est pas impliquée.
Cela inclus des poses de bombes, des incendies, des kidnappings, des manifestations de rue violentes, des sabotages, des menaces de mort à l'encontre de personnalités influentes et même deux assassinats grandement médiatisés.
Ces différents troubles ont été revendiqués par plusieurs groupes différents. Anarchistes, rebelles, "front de libération" d'une espèce ou d'une autre, et une demi-douzaine de groupes religieux que personne ne soutient. Tous poursuivent dans ces actions des buts personnels. La plupart sont des amateurs insouciants.
L'atmosphère générale de violence révolutionnaire ainsi que la riposte gouvernementale aux activités de l'Organisation, semblent avoir provoqué l'engouement de la plupart de ces groupes.
Dans tout cela, l'aspect le plus intéressant est la preuve que l'emprise du Système sur les citoyens n'est pas totale. Naturellement, la plupart des américains sont encore en train de marcher mentalement sur les traces du Système, avec toutes les hautes prières psalmodiées par la religion télévisuelle, mais une minorité en expansion a rompu ce pacte et considère le Système comme un ennemi. Malheureusement cette hostilité est généralement fondée sur de mauvaises raisons, et il serait quasiment impossible de tenter de coordonner leurs activités.
En fait dans la grande majorité des cas, il n'y a aucune base idéologique à leurs activités -- c'est simplement une façon de donner libre cours à leur frustration, sous forme de vandalisme, plutôt qu'un véritable terrorisme politique. Ils veulent juste fracasser quelque chose, infliger quelques dommages aux gens qu'ils prennent pour responsables de ce monde invivable dans lequel ils évoluent. Le vandalisme sur une si grande échelle est désormais devenu une chose contre laquelle la police politique ne pourra pas faire face très longtemps. Cela les fait enrager.
En plus de ces vandales, deux autres segments de la population jouent un rôle important dans les récents événements: les nègres séparatistes et les criminels organisés. Jusqu'il y a encore quelques semaines, tout le monde avait admis que le Système avait finalement acheté les derniers nationalistes nègres sur le retour des années 70. Apparemment, ils étaient simplement en sommeil, occupés à leurs affaires internes. Mais maintenant, ils voient l'occasion de placer quelques bons coups. Il semble qu'ils sont allés principalement dynamiter les bureaux de certains groupes de toms. Cette joyeuse bande de négros s'est mutuellement tiré dessus, et a organisé un beau merdier dans la Nouvelle Orléans la semaine dernière, au cours duquel de nombreuses vitrines furent brisées et pillées. Souhaitons qu'ils acquièrent encore plus de pouvoir! Black is beautiful!
La Mafia ainsi que deux ou trois syndicats des travailleurs qu'elle contrôle, et deux autres groupes criminels organisés, ont misé sur le désordre et l'inquiétude du public pour une augmentation substantielle de leurs activités. Quand la Mafia promet à un homme d'affaire ou un négociant de mettre une bombe dans leur bureau, à moins qu'ils ne crachent de l'argent pour s'assurer une protection, l'argument fait mouche, bien plus qu'il n'y a quelques mois. Le kidnapping est devenu une grosse industrie. Les flics sont trop occupés à bosser sur des affaires politiques, et se soucient peu d'importuner les assassins professionnels, c'est donc une super opportunité pour eux. En observant ces choses froidement, nous en sommes venus à souhaiter une montée en flèche du crime, depuis qu'il aide à saper la confiance du public envers le Système. Mais le jour viendra où nous mettrons la main sur ces éléments que les juges corrompus par le Système ont choyé si longtemps, nous les collerons au poteau sans trop de cérémonie -en compagnie de ces mêmes juges.
Je suis allé à l'adresse qu'Elsa m'avait indiquée, -- c'était une entrée de sous-sol dans ce qui fut un élégant hôtel particulier -- et j'ai demandé à voir Elsa. Je fus accueilli par une jeune femme manifestement enceinte, qui tenait un enfant braillant dans ses bras. Quand mes yeux se sont adaptés à la faible lumière, j'ai pu constater que tout le sous-sol était utilisé comme une aire de vie commune. Couvertures et draps étaient attachés aux tuyaux qui couraient tout le long du plafond bas, faisant grossièrement office de cloison. Le tout était partagé en une demi-douzaine de recoins et de niches, figurant des aires de repos semi-privées. Il y avait également quelques matelas sur le sol. Il n'y avait aucun meuble, pas même une chaise, hormis une table de jeux de casino située près de l'évier de la blanchisserie, où deux jeunes femmes lavaient de la vaisselle.
Contre l'un des murs se trouvait un ancien poêle à bois qui dégageait à lui seul suffisamment de chaleur pour tout le sous-sol. Comme je l'apprendrai plus tard, l'eau courante était la seule chose d'utilité publique dont disposait la petite communauté. Ils obtenaient du combustible en récupérant les portes, les montants des fenêtres, et même les lames de parquet des étages supérieurs. Une autre communauté occupait la partie supérieure de la maison, derrière une porte en acier barricadée à la cime des escaliers du sous-sol. Mais comme ils s'adonnent souvent à de furieuses parties de drogue, ils sont dans l'incapacité de repousser les pillards de combustible, venus des étages inférieurs. Les habitants du sous-sol s'abstiennent de drogues dures et se considèrent comme supérieurs aux gens du dessus. Ils préfèrent néanmoins résider dans le sous-sol crasseux, car il est plus facile à chauffer et à protéger que les étages, les seules fenêtres étant minuscules, donc trop petites pour laisser pénétrer un individu hostile. De plus, il y fait relativement frais en été.
Lorsque je suis entré, sept ou huit d'entre eux étaient vautrés sur des matelas et regardaient des jeux débiles sur un poste de TV alimenté par batterie. Ils fumaient des joints. L'endroit tout entier était imprégné par une odeur nauséabonde de bière frelatée, de marijuana et de linge sale. (Ils ne considèrent pas la marijuana comme une drogue). Deux petits enfants d'environ 4 ans complètement nus, se battaient en se roulant par terre près du poêle. Un chat gris était confortablement perché sur l'un des tuyaux près du plafond, me dévisageant curieusement. Les types sur les matelas, après un rapide coup d'oeil, ne firent pas attention à moi. J'ai pu voir que l'un des visages éclairés par la lueur de l'écran de télé était celui d'Elsa. La fille qui m'avait ouvert la porte cria son nom, et aussitôt une des couvertures-cloisons s'écarta et la tête d'Elsa ainsi que ses épaules dénudées apparurent brièvement. Elle poussa un petit cri de joie en me voyant, replongea rapidement derrière sa couverture, et réapparut un instant plus tard dans une robe démodée. Elle sortit et vint vers moi, puis elle m'embrassa rapidement de manière amicale, et m'offrit une tasse de café fumant, qu'elle versa d'une bouilloire. J'acceptais avec reconnaissance ce café, car le trajet depuis l'arrêt de bus m'avait complètement frigorifié. Nous nous sommes assis sur un matelas inoccupé près du poêle. Le son de la TV et les cris du bébé et des deux mômes se chamaillant nous ont permis de parler en relative intimité.
Nous avons discuté de beaucoup de choses, car je ne voulais pas immédiatement aborder le véritable sujet de ma venue. J'ai appris encore beaucoup sur Elsa et les types qui vivaient avec elle. Certaines des choses dont j'ai eu connaissance m'ont attristé, et d'autres m'ont profondément choqué.
J'étais peiné par l'histoire personnelle d'Elsa. Enfant d'une famille bourgeoise, son père est (ou était, car elle n'a plus été en relation avec sa famille depuis plus d'un an) l'auteur de discours d'un des plus puissants sénateurs de Washington. Sa mère est notaire pour une fondation gauchiste dont la principale activité est d'acquérir en bloc des maisons de blancs, dans les environs des banlieues, et d'y installer des familles de nègres parvenus économiquement.
Jusqu'à l'âge de quinze ans, Elsa avait été très heureuse. Sa famille avait vécu dans le Connecticut jusqu'alors, et elle fréquentait une école privée pour jeunes filles. (Les écoles non mixtes sont désormais illégales). Elle passait ses vacances d'été avec ses parents dans une résidence secondaire sur la plage.
Son visage s'empourpra lorsqu'elle décrivit les bois et les sentiers autours de leur propriété et les longues promenades qu'elle y faisait. Elle possédait son propre voilier et appareillait souvent sur une minuscule île au large pour de longs pique-niques solitaires, allongée au soleil en rêvassant.
Puis la famille a déménagé pour Washington et la mère a insisté pour prendre un appartement près de Capitole Hill, où le voisinage était à prédominance noire, plutôt que de vivre dans une banlieue blanche. Elsa était l'un des quatre seuls étudiants blancs du lycée où elle fut inscrite.
Elle se développa très tôt. Sa chaleur naturelle, son ouverture d'esprit et sa nature libre combinée à son charme physique évident faisait d'Elsa une fille sexuellement attrayante, malgré ses 15 ans. Il résulta de cela que les nègres la harcelaient continuellement, ne lui laissant pas de répit. Les négresses, en voyant cela, haïssaient furieusement Elsa et s'employèrent à la martyriser de toutes les façons possibles.
Elsa n'osait ni aller en salle d'études, ni s'éloigner un instant de la vue des profs, dès qu'elle franchissait le seuil de l'établissement. Elle comprit bientôt que les enseignants n'offraient pas de réelle protection, lorsqu'un jour, l'adjoint nègre du principal la coinça dans son bureau et tenta de mettre une main sous sa robe.
Chaque jour, Elsa rentrait chez elle en pleurs et priait ses parents de l'envoyer dans une autre école. La réponse de sa mère était de lui crier dessus, de la gifler et de la traiter de raciste. Si les noirs l'importunaient, c'était sa faute -- pas la leur. Elle dut tenter difficilement de se faire des amies parmi les négresses.
Son père ne lui offrait guère plus de réconfort, même lorsqu'elle lui relata l'incident avec l'adjoint du principal. Le problème l'embarrassait et il ne voulut pas en entendre d'avantage. Son libéralisme était plus passif que celui de son épouse et il était généralement intimidé par cette femme totalement "libérée" pour se prononcer sur des questions touchant à la race. Il se comporta de même lorsque trois jeunes délinquants métèques l'abordèrent sur le pas de sa porte, le délestèrent de son portefeuille et de sa montre, puis le cognèrent à terre en lui cassant ses lunettes. La mère lui interdit d'appeler les flics pour porter plainte. Elle considérait le fait même de penser à porter plainte comme quelque chose de "fasciste". Elsa supporta la situation durant trois mois et s'enfuit de chez elle. Elle fut accepté dans une petite communauté, celle dans laquelle elle vit toujours, et ayant une prédisposition fondamentale à la bonne humeur, elle a apprit à être passablement heureuse de son nouveau sort.
Puis, il y a un mois environ, un problème est survenu qui a fait que nous nous sommes rencontrés. Une nouvelle fille, Mary-Jane, a rejoint leur groupe, et il y a eu une tension entre elles deux.
Le garçon avec lequel Elsa avait partagé son matelas pendant un temps, connaissait apparemment Mary-Jane, avant qu'elle n'ait rejoint leur groupe. Celle-ci a considéré Elsa comme une rivale. De son côté, Elsa s'est offusquée des efforts de Mary-Jane pour séduire son petit ami. Il en résulta des hurlements, des gifles et des cheveux arrachés lors de la lutte entre les deux filles, remportée par Mary-Jane plus teigneuse qu'Elsa.
Elsa erra dans les rues pendant deux jours -à l'époque où je l'ai rencontrée -- et enfin elle retourna à la communauté. Mary-Jane durant ce temps s'était mise à dos une des autres filles du groupe, et Elsa en tira profit en posant un ultimatum: ou bien Mary-Jane dégage, ou bien elle les quitte définitivement. Mary-Jane répondit en la menaçant d'un couteau.
"Alors que s'est-il passé ensuite?" Demandais-je
"Nous l'avons vendue," répondit simplement Elsa.
"Vous l'avez vendue?, Que veux-tu dire par là?" M'exclamais-je.
Elsa m'expliqua: "elle refusait de partir bien que tout le monde soit de mon côté, alors nous l'avons vendue à Kappy the Kike. Il nous en a donné 200 dollars et une télé."
"Kappy the Kike" était un juif nommé Kaplan, qui gagnait sa vie dans la traite des blanches. Il faisait des voyages réguliers entre Washington et New York avec l'intention d'acheter des filles fugitives. Ses fournisseurs habituels sont les bandes de "chacals" entre les griffes desquels Elsa était tombée lorsque je l'ai secourue. Ces groupes de pillards enlèvent les filles dans les rues, les gardent pour une semaine ou plus, et ensuite si leur disparition n'est mentionnée dans aucun journal, ils les vendent à Kaplan.
Ce qu'il advient des nanas après, personne ne peut le dire avec certitude. Mais l'on peut penser que la plupart sont enfermées dans des clubs privés à New-York où le pognon satisfait des désirs étranges et pervers. D'autres, selon une rumeur, seraient vendues à des groupes satanistes et douloureusement démembrées lors d'affreux rituels. En définitive, quelqu'un de la communauté avait entendu dire que Kaplan était en ville pour acheter, alors comme Mary-Jane ne voulait pas partir, ils la ligotèrent, ils localisèrent Kaplan et conclurent l'affaire.
Je pensais que plus rien ne pourrait me choquer, mais je fus horrifié par le récit qu'Elsa me fit sur le destin de Mary-Jane. "Comment," demandais-je d'un ton outragé, "pouvez vous vendre une fille blanche à un Juif?," Elsa semblait embarrassée par une évidente contrariété. Elle admit qu'ils avaient fait là une chose terrible, et qu'elle se sentirait éternellement coupable en repensant à Mary-Jane.
Pourtant il lui semblait que c'était une solution convenable pour la communauté à ce moment là. Elle trouva l'excuse, peu convaincante, selon laquelle c'était la faute de la société et pas de quelqu'un en particulier. Elle disait que, de toute manière, ça se pratiquait couramment et que les autorités étaient au courant et ne s'en mêlaient pas.
J'étais complètement dégoûté, mais la tournure de notre conversation me fournit l'entrée en matière qui convenait pour le sujet qui m'intéressait. "Une civilisation qui tolère l'existence de Kaplan et son immonde commerce doit être réduite en cendres" dis-je. "Nous devrions faire un bon feu de joie de tout cela et repartir sur des bases saines."
J'avais inconsciemment élevé la voix, suffisamment haut pour que mon dernier commentaire soit entendu par tous, dans le sous-sol.
Un individu ébouriffé se redressa de son matelas et demanda "que pouvons-nous faire!" visiblement il n'attendait pas vraiment de réponse." Kappy the Kike a été arrêté au moins une douzaine de fois, mais les flics le libèrent toujours. Il a des relations dans la politique. Certains des plus gros juifs de New-York sont ses clients. J'ai même entendu dire que deux ou trois hommes du congrès se rendaient régulièrement dans les clubs qu'il approvisionne en marchandise humaine."
"Alors quelqu'un doit faire sauter le congrès" répondais-je.
"Je suppose que certains ont déjà essayé" dit-il d'un ton moqueur, se référant à l'attaque au mortier menée par l'Organisation.
"Et bien si j'avais une bombe maintenant, je tenterai le coup moi-même" dis-je.
"Où puis-je trouver de la dynamite?" Le type haussa les épaules et se remit devant sa télé. Alors, j'ai essayé de soutirer des informations à Elsa. Quel groupe dans Georgetown avait bien pu perpétrer ces attentats? Comment pourrai-je entrer en contact avec l'un d'eux?
Elsa essaya de se rendre utile mais elle ne savait rien. C'était un sujet pour lequel elle n'avait aucun intérêt. Finalement elle appela un des gars désoeuvrés: "Harry est-ce que c'est les types de la 29ème rue, ceux qui se font appeler "Front de libération du Quart Monde" qui ont livré bataille à ces porcs?"
Cette question n'avait évidemment pas plu à Harry. Il sauta sur ses pieds, nous regarda furieusement tous les deux et sorti du sous-sol sans répondre, en claquant la porte derrière lui. Une des femmes vers l'évier, tourna autour d'Elsa et lui rappela que c'était son jour de préparer le repas de midi, et qu'elle n'avait pas encore mis les patates à bouillir sur le poêle. J'ai serré la main d'Elsa lui souhaitant une bonne continuation, et je suis parti.
Je pense que j'ai été maladroit. Il était incroyablement naïf de ma part de penser que je pourrais simplement, en entrant dans cette communauté de marginaux, les engager dans des activités violentes et illégales contre le Système. Il est évident que chaque flic en civil de Washington tente de soutirer les mêmes informations.
A présent, le bruit doit courir que je suis un flic. Je n'ai aucune chance d'établir un contact avec des militants anti-Système, dans ce milieu particulier.
Naturellement nous pourrions envoyer quelqu'un d'autre essayer de trouver ce fameux "Front de libération du quart monde" qui doit être une espèce d'enfer comparable à ici. Je me demande désormais si cela représente un quelconque intérêt. Ma visite à Elsa m'a convaincu que, parmi les gens qui partagent son mode de vie, il n'y a pas un grand potentiel, en vue d'une collaboration constructive avec l'Organisation. Ils manquent d'autodiscipline et d'idéal. Ils sont condamnés. Tout ce à quoi ils aspirent réellement, c'est de pouvoir manger et fumer. Je crois même que si le Gouvernement doublait toutes les allocations sociales, les poseurs de bombe perdraient leurs militants.
A la base, Elsa est une gosse gentille, et il doit y avoir un bon nombre de ses congénères dont les instincts sont valables, mais que l'on ne peut pas observer dans ce monde cauchemardesque. Bien que nous rejetions tous deux le monde sous sa forme actuelle, et que nous l'ayons abandonné, dans un sens, la différence fondamentale entre les membres de l'Organisation et les amis d'Elsa réside dans le fait que nous sommes capables de nous débrouiller de manière autonome et eux pas.
Je ne peux m'imaginer Henry, Katherine ou quiconque de l'Organisation, vautrés devant la télé, en laissant le monde s'écrouler alors qu'il y a encore quelque chose à faire. C'est une différence de qualité humaine, probablement d'origine génétique.
Mais il y a plus que cette sorte de qualité qui soit importante pour nous. La plupart des américains se débrouillent encore, tant bien que mal. Ils n'ont pas abandonné parce qu'ils manquent d'une certaine sensibilité -- une sensibilité qui, je le pense, est partagée à la fois dans l'Organisation et par Elsa et ses potes -- une sensibilité qui nous permet de reconnaître l'odeur putride de cette société décadente qui nous bâillonne. Les baptisés au sécateur qui sont aux commandes, tout comme nombre de non-coupés, ne pourront jamais sentir cette puanteur, tout simplement parce qu'elle émane d'eux. Les juifs peuvent mener les goïm dans une quelconque porcherie aussi longtemps qu'ils le souhaiteront, car ils s'y adapteront toujours. L'évolution a fait d'eux des survivants expérimentés, mais a conduit à une absence totale d'estime personnelle.
Quelle fragile chose que la civilisation humaine! Combien est superficielle sa nature profonde! Seuls quelques rares êtres se hissent au-dessus de la multitude grouillante.
Sans la présence de 1 ou 2 % d'individus les plus capables, les alphas -- les plus agressifs, les plus intelligents, les plus travailleurs de nos concitoyens -- je suis convaincu que ni cette civilisation, ni n'importe quelle autre ne pourrait supporter longtemps tout cela. Elle se désintégrerait graduellement , peut-être en plusieurs siècles, et les gens n'auraient pas la volonté, l'énergie ou le génie pour en rafistoler les failles.
Peut-être que tout retournerait à son état naturel et pré-civilisé -- un état pas tellement différent de celui des marginaux de Georgetown.
Mais évidemment, même l'énergie, la volonté et le génie ne suffisent plus. L'Amérique a encore assez de ressources pour que la roue puisse tourner. Mais ces ressources semblent toutes employées à nous conduire sur le chemin de l'abysse. Les juifs sont insensibles à la laideur et à l'aspect contre-nature de la direction qu'ils nous ont fait prendre.
C'est seulement la minorité d'une minorité qui pourra sortir notre race de cette jungle et lui faire faire ses premiers pas vers une civilisation aristocratique authentique. Nous devons tout à ces rares ancêtres, qui non seulement avait cette sensibilité, mais qui ressentaient le besoin d'agir et possédaient les aptitudes pour y parvenir. Tout est lié, sans sensibilité les aptitudes ne servent à rien et sans aptitudes, le besoin d'agir demeure un rêve et une frustration. L'Organisation a sélectionné parmi la grande masse de l'humanité, ceux de notre génération actuelle qui possèdent cette rare combinaison. Nous devons maintenant faire tout ce qui est nécessaire pour l'imposer.
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